Photo : Association Sphère CPP

Quelles réponses à la désobéissance civile ? 

Le mouvement des gilets jaunes a eu sa réponse : le Grand Débat National. Partout en France se sont organisées des réunions locales, réunions publiques, grand débat citoyen, café-citoyen, consultation citoyenne : en somme, tout a été fait pour inclure le.la citoyen.ne au coeur du débat.

Même le Président de la République s’est adressé aux Français.e.s sur ces questions de justice sociale par une lettre, qu’il conclut ainsi :

“Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international.”

Inclusion et prise en compte de la participation citoyenne semblait dorénavant être au cœur du débat.

Toutefois, ce Grand Débat National n’a pas permis d’apaiser toutes les passions. En témoigne l’émergence des actions venant de mouvements contestataires, récents ou non, dans la sphère publique.

Nous les entendons, nous les voyons, nous les observons. A la télévision, sur Twitter, sur Facebook, sur nos murs et sur nos arrêts de tramway : eux, ce sont à la fois les activistes et les traces qu’ils laissent derrière eux, ces personnes qui osent désobéir pour se faire entendre.

Le nouveau combat : le climat 

Après la justice sociale, c’est le climat qui rassemble. En effet, beaucoup d’actions en faveur du climat ont été menées ces dernières années, et sont  portées par trois mouvements : Greenpeace, la très connue ONG de protection de l’environnement créée depuis 40 ans, Extinction Rebellion (XR), mouvement social écologiste revendiquant la désobéissance civile ayant vu le jour au Royaume-Uni l’année dernière et Fridays for Future (FFF), impulsé par Greta Thunberg, un mouvement international de collégien.ne.s et lycéen.ne.s se rassemblant sur des horaires scolaires afin de protester contre le réchauffement climatique.

Les types d’actions ne sont pas si différents de celles des Gilets Jaunes : on retrouve le blocage par l’enchaînement des membres d’Extinction Rebellion à des ponts pour empêcher l’arrivée de paquebot dans la Garonne. Mais se créent aussi des initiatives locales et nationales dont, entre autres, des die-in devant des institutions publiques, des sitting sur les routes, des marches funèbres ou encore des mises en scènes impressionnantes (comme se mettre debout sur des blocs de glaces avec une corde au cou).

Comment y répondre ? 

Si l’on voit de la communication comme  le fait d’établir une relation avec l’autre et de  transférer, partager et diffuser des informations, alors les actions de désobéissance civile rentrent dans cette définition.

Peu de figures politiques se sont exprimées à propos de la désobéissance civile, et plus particulièrement à propos des mouvements contestataires qui ont émergé récemment.

Néanmoins, lorsque ces figures prennent la parole dans les médias, elles ne leur sont pas favorables.

Ainsi, ces mouvements se sont vus qualifiés d’ « absolument pas légitimes » par Ségolène Royal, ex-ministre de l’Environnement. L’actuelle Ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique a expliqué au micro de France Inter le 7 octobre dernier, percevoir dans ces mouvements une « instrumentalisation de l’écologie ». Pour elle, l’écologie, « c’est la paix ».

Dans cette même logique, Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire, évoque à demi-mots les actions d’Extinction Rebellion lorsqu’elle affirme sur RMC/BFM que même si le réchauffement climatique doit être une préoccupation partagée par tous, elle n’est pas d’accord « s’il y a des actions violentes, des actions de blocages ».

En somme, même si les retombées médiatiques de la désobéissance civile sont fortes, les réponses des politiques restent pour l’instant peu nombreuses.

Publié le 18/11/2019