La pause stagiaire #3 // Nouvelles de Bruxelles.

Joann Sfar

Je suis arrivée à Bruxelles environ deux semaines après les attentats, et la douleur était encore palpable. Drapeaux, dessins, bruits des sirènes, militaires à chaque coin de rue et articles quotidiens sur le sujet, sans compter l’ambiance pesante lorsque le métro passait par la station Malbeek qui est restée fermée quelques temps.

Les soucis pratiques de reprise normale des transports se sont réglés petit à petit, et la vie a repris, comme à Paris c’est-à- dire « presque «  comme avant. A l’approche de l’été, la ville de Bruxelles a adopté de nombreuses actions afin de redorer l’image de la ville, rassurer et attirer les potentiels touristes et par cela relancer l’économie locale. Cela passe par le soutien de mouvement comme « Sprout to be Brussels « invitant les habitants à partager les endroits qu’ils aiment, ou encore un appel à des leaders d’opinion pour qu’ils deviennent ambassadeurs de la ville.

Cette situation économique complexe n’est pas aidée par l’actualité récente qui a été marquée par des grèves importantes qu’a connu le pays, notamment dans les réseaux de transport et dans les prisons face à l’annonce d’une « Loi travail » belge. Divisée entre la Flandre et la Wallonie, la Belgique est marquée par une rivalité plus ou moins visible entre ces deux nationalités, et doit faire face à une crise identitaire qui se traduit notamment par une fracture linguistique et économique importante. Bruxelles, située au sein de la zone flamande bénéficie d’un statut particulier. Capitale de la Flandres et de la Belgique, elle est officiellement une ville bilingue, bien que plein d’autres nationalités y soient présentes, ce qui rend l’utilisation de l’anglais très importante.

Bruxelles est une ville qui « bouge » et qui porte bien son nom de capitale européenne avec la présence de nombreuses institutions comme le parlement, le conseil ou encore la commission européenne où une grande partie des jeux de pouvoirs se passent. D’un point de vue géographique, je ne vous apprends rien en vous disant que c’est aussi un carrefour entre la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Allemagne, et c’est aussi surement ça qui explique sa dimension cosmopolite.

De ma vie je n’ai jamais rencontré autant de personnes de nationalités différentes en aussi peu detemps au sein d’une même ville. Dans les rues, dans les bars, ça parle néerlandais, français, anglais, espagnol, quand ce n’est pas d’autres langues. Les institutions européennes, véritables usines à stagiaires constituent l’endroit où cette mixité est la plus impressionnante mais pas que. Lors des sorties que j’ai pu faire, cette atmosphère multilingue donnait l’impression d’évoluer constamment dans une auberge espagnole et c’est ce qui fait, du moins selon moi, une grande partie du charme de cette ville.

Et je ne vous parle pas de ses quartiers des Marolles et des Sablons, avec ses artisans, ses ruelles, de l’ambiance des quartiers étudiants comme Ixelles en week-end ou encore de la gentillesse de ses habitants …