La pause stagiaire #5 // Voyage à Madagascar, au service des enfants des rues.

Pendant mes cinq ans études, je me suis plusieurs fois demandé « à quoi mon travail sert-il/va-t-il servir vraiment ? ».

Une question qui me trottait dans la tête et remettait en doutes, lors de certains moments de faiblesse que tout le monde connait, toutes mes années à l’université.

  • Donner du sens

Sensible aux inégalités sociales, je passais une bonne partie de mon temps à écouter des podcasts, regarder des documentaires ou encore lire des articles sur différents sujets en lien.

Mais les images et les mots, aussi puissants sont-ils, n’ont pas la force de la réalité du terrain.

La décision a donc été prise : si je travaille dans la com, ce sera pour donner de la voix et de la visibilité à des associations ou ONG dont le combat me tient à coeur. Il s’agira de donner un sens à mes études, en apportant ma contribution auprès de ceux qui luttent.

Le 14 avril 2016, je m’envolais donc pour Antsirabe, à Madagascar, pour un stage dans l’association locale de Grandir Ailleurs : Grandir à Antsirabe.

  • Mon asso

Au risque de paraître trop « corporate », je me permets de développer un peu les actions de l’association.

L’asso Grandir à Antsirabe vient en aide aux enfants « en situation de rue » : des enfants qui ne vont pas à l’école mais travaillent (porteur de courses au marché, ramassage et tri des ordures afin de revendre les bouteilles ou le charbon…) ou mendient pour avoir leur ration de riz quotidienne. Des enfants parfois détachés de leur famille et qui dorment dehors à même le sol.

Comparer la vie de ces enfants des rues à celle de nos petits frères, petites sœurs, petites cousines ou petits cousins de France est impossible tant celles-ci sont éloignées. Au sens métaphorique mais aussi littéral, un continent les sépare.

Concrètement, voici un petit listing des problèmes auxquels ces enfants en situation vulnérable peuvent être exposés :
> La mortalité
> L’accès limité aux soins de santé
> La malnutrition
> L’accès limité à la scolarisation, redoublement, mauvais rendement scolaire – abandon-
> Délaissement par les membres de la famille (moins d’attention, de nourriture, de soins, de câlins…) ;
> Abus et maltraitance (harcèlement, violence) ;
> Exploitation économique et/ou sexuelle.

Notre association poursuit donc l’objectif de garantir les droits fondamentaux de ces enfants et les protéger de la rue.

©grandirailleurs
©GrandirAilleurs
  • Ma petite vie malagasy

Me voilà donc stagiaire en communication au service des enfants des rues ! L’asso est très dynamique, et travaille avec son bailleur de fonds en France, Grandir Ailleurs. Il s’agit, entre autres, de refondre les sites internet, d’envoyer les newsletters, de créer les supports graphiques, de monter des vidéos, d’animer les réseaux sociaux… Être dans une petite structure associative est un véritable challenge niveau com, car il faut toucher à tout : PAO, WordPress, community management…

L'équipe et les jeunes de l'internat
L’équipe et les jeunes de l’internat

La journée, quand je ne travaille pas au bureau, je vais « sur le terrain » participer aux animations de jour mises en places avec les enfants : BiblioPousse, DanseLaRue ou CinéRue.

Activité Jour DanseLaRue

Le lundi soir, je participe aux Maraudes de nuit, pour rencontrer les enfants qui passent la nuit dehors. Il s’agit de leur distribuer du thé, un complément alimentaire, des couvertures, des vêtements chauds, mais également de leur prêter l’oreille attentive qu’ils n’ont pas toujours. Deux fois par semaine, je prends des cours de malgache dans l’objectif de pouvoir échanger verbalement avec eux.

  • Projet social et projet économique : quels enjeux communicationnels ?

Afin de financer ses projets et assurer la pérennité de ses actions, l’association a mis en place il y a quelques années des Activités Génératrices de Revenus :
> une boutique solidaire
> une maison d’hôtes
> une agence de voyages solidaires (qui reverse 50% de ses bénéfices annuels à l’asso)

L’agence et l’asso travaillent étroitement ensemble. Les deux structures ont d’ailleurs la même chargée de com. Le tourisme solidaire est un sujet nouveau pour moi, et c’est donc dessus que ce portera mon rapport de stage. L’enjeu communicationnel est très intéressant. Pour l’association, il s’agit donc d’un outil de financement ainsi qu’une implication pour un développement local responsable. Mais Rencontre Avec Dago peut également servir de véritable relai de communication pour l’association envers les touristes. L’agence a donc intérêt à bien communiquer sur le fait qu’il s’agit là d’un projet social, en mettant en avant son rôle pour l’association. L’association peut alors, par exemple, profiter de la visibilité de Rencontre Avec Dago sur les salons, de l’espace ouvert au grand public et aux touristes que représentent les locaux de l’agence et de la boutique, des documents graphiques ou encore de la communication sur internet.

Mutualiser les ressources, harmoniser le discours et assurer une véritable synergie communicationnelle… Voilà un sujet pas évident mais passionnant sur lequel se pencher !

L’équipe Rencontre Avec Dago et Grandir Ailleurs au Salon International du Tourisme Solidaire d’Antananarivo (Madagascar)
L’équipe Rencontre Avec Dago et Grandir Ailleurs au Salon International du Tourisme Solidaire d’Antananarivo (Madagascar)

1Sans parler de la richesse et de la diversité environnementale et culturelle de l’Île Rouge, cette expérience s’annonce aussi belle que le sourire chaleureux des malgaches.

Cette expérience me rappelle la chance que nous avons de pouvoir nous épanouir dans notre métier en ayant la possibilité de choisir notre champ d’action… De mon côté, je me suis engagée sur un champ de bataille !